Rencontre 4
Jamais je ne m’étais douté qu’en mettant Thomas au défi de ne pas faire jouer de pièces mettant en valeur les basses ou les cuivres nous allions nous retrouver cette semaine avec un programme presque exclusivement composé d’instruments à cordes! Ce fut encore une fois une magnifique rencontre, même si Annie fut quelque peu allergique aux poils d’animaux dans mon salon. Voici sans plus tarder la liste des pièces jouées:
- Suite espagnole no 5 Asturias (Isaac Albéniz 1860-1909) – Annie
- Rumores de la caleta : Malaguena ( Isaac Albéniz 1860-1909) – Annie
- Quatuor à cordes no14 la jeune fille et la mort, 4e mouv. presto (Franz Schubert 1797-1828) – Thomas
- Violin Concerto (Samuel Barber 1910-1981) – Louis
- Quatuor à cordes, mouv. 1 et 2 (Dmitri Shostakovich 1906-1975) – Thomas
- Jardins sous la pluie (Claude Debussy 1862-1918) – Annie
- La fille aux cheveux de lin (Claude Debussy 1862-1918) – Annie
- Les Hébrides, ouverture ( Felix Mendelssohn Bartholdy 1809-1847) – Thomas
Annie débuta la rencontre avec deux pièces de guitare classique du compositeur espagnol Albéniz. J’ai été surpris d’apprendre que celui-ci était un pianiste avant tout, et que ses oeuvres avaient été transcrites pour la guitare par Francisco Tarrega, puis rendues célèbres par le guitariste Andres Segovia. Voilà pourquoi je ne connaissais ce compositeur que pour ses pièces à la guitare!
Ensuite, Thomas fit jouer la jeune fille et la mort de Schubert, une pièce que j’avais imaginée beaucoup plus triste qu’elle ne l’est en réalité en raison de son titre quand même évocateur. Je fis jouer pour ma part l’intégrale du concerto pour violon de Barber. En tant que choristes (je parle ici pour Thomas, Francis et moi-même) nous connaissons avant tout Barber pour la transcription de son Adagio for strings pour choeur à six voix. Cela dit, Barber a écrit un tas d’autres pièces fantastiques qu’il faut absolument découvrir. La musique de ce compositeur serait, selon le livret du disque, néo-romantique. Si c’est ça le néo-romantisme, j’adore!
Annie, pianiste de talent, nous a ensuite fait écouter deux pièces de son instrument préféré composées par Debussy, soit jardins sous la pluie et la fille aux cheveux de lin. Grâce à des enregistrements au piano mécanique, on pouvait entendre le compositeur lui-même jouer ses pièces.
Finalement, Thomas mit fin à la rencontre en jouant l’ouverture des Hébrides de Mendelssohn, juste pour dire qu’on n’avait pas écouté que des cordes lors de la soirée. Déjà minuit? Il faudra un peu plus de discipline lors des prochaines rencontres de la société, car avec l’année scolaire qui approche nous n’aurons bientôt plus le temps de nous éterniser ainsi.
29 août 2008 à 09:49 |
Juste comme ça, la jeune fille et la mort est un lieder de Schubert, ainsi que celui de son quatorzième quatuor à cordes. Le thème du lieder est repris dans le deuxième mouvement du quatuor du même nom. Ensemble, les mouvements forment une oeuvre superbe et très élégante. Du grand Schubert, qui finit de façon dithyrambique dans le quatrième mouvement, et c’est justement celui là que j’ai fait jouer. Je vous encourage à écouter l’oeuvre en entier. Le premier mouvement est pas mal tragique, le deuxième plutôt triste bien que pas mal plus lent, et le troisième… disons que la mort ou la jeune fille se cherchent. Il est assez triste aussi, mais on sent une certaine transition vers quelque chose de plus égayé. Quant au quatrième, comme je disais, alors là, c’est vraiment le genre de truc à écouter quand il pleut ou genre au mois de nomvembre quand il se passe rien.
Sinon, le quatuor à corde est une forme musicale assez intéressante selon moi, dans la mesure où c’est à mi-chemin entre une voix solo avec accompagnement et une symphonie véritable. C’est d’ailleurs un peu ce pourquoi Schubert en a écrit plusieurs, afin de parfaire son art symphonique.
En terminant, Schubert a beau avoir été pas trop systématique dans sa carrière de compositeur, sa musique n’en demeure pas moins fortement inspirée et inspirante.
Vive la musique encore une fois
Thomas